Institut de Donbat Nomade

L’Institut de Donbat Nomade constitue la première phase de l’Institut de Donbat : une forme mobile et adaptable de l’ID. Il prolonge la recherche engagée autour du Donbat en déplaçant temporairement l’Institut dans des contextes spécifiques : résidences, lieux culturels, quartiers, écoles, espaces associatifs, situations de travail ou milieux fragilisés.

Il ne s’agit pas d’installer une institution fixe, ni d’appliquer un modèle préexistant à des problèmes déjà définis. L’Institut de Donbat Nomade part au contraire des situations rencontrées. Il observe les déséquilibres sociaux, économiques, écologiques, relationnels, institutionnels ou symboliques qui traversent un contexte donné, puis cherche à élaborer des réponses proportionnées, inventives et responsables.

Cette dimension nomade correspond à la méthode même du Donbat : détecter un déséquilibre, comprendre ce qui est en jeu, identifier les acteur·ices, les contraintes, les rapports de force, les ressources disponibles et les risques d’une action, puis expérimenter une réponse ajustée à l’échelle de la situation.

Une forme mobile de l’Institut

Cette première forme permet d’éprouver l’Institut par l’usage, avant toute stabilisation institutionnelle.

L’Institut peut ainsi devenir, selon les situations, un laboratoire, une école temporaire, un bureau des déséquilibres, un espace de médiation, une plateforme de recherche-action ou un atelier de prototypage social. Sa fonction n’est pas seulement de produire des événements, mais de créer les conditions à partir desquelles une situation peut être lue, formulée, déplacée et transformée.

L’enjeu est de rendre l’Institut activable : capable de se déplacer, de s’adapter à des lieux différents, de rencontrer des personnes concernées, de produire des outils situés et de transmettre les méthodes issues de l’expérience.

Appel à situations

Chaque activation de l’Institut de Donbat Nomade peut commencer par un appel à situations adressé aux habitant·es, usager·es, structures, travailleur·euses, artistes, associations ou personnes concernées par un contexte donné.

Cet appel vise à recueillir des besoins, tensions, fragilités, blocages, formes d’injustice ou dysfonctionnements concrets. Il ne s’agit pas de collecter des plaintes de manière abstraite, mais d’ouvrir un espace où des situations peuvent être formulées, partagées et analysées.

Une urne, un formulaire, des affiches, des rencontres publiques ou des permanences peuvent permettre de recueillir ces situations. À partir de là, l’Institut organise des temps d’échange avec les personnes concernées afin de comprendre ce qui peut réellement être travaillé, à quelle échelle, avec quelles ressources et selon quelles limites éthiques.

Applications du R.I.T.

L’Institut de Donbat Nomade active le R.I.T. — Recherche, Interventions, Transmission — comme cadre opératoire.

Dans une résidence, un quartier, une école, un lieu culturel ou un espace associatif, le R.I.T. permet de transformer les situations recueillies en axes de recherche, en hypothèses d’intervention et en formes transmissibles.

Cette application peut prendre différentes formes : permanences, cartographies collectives, ateliers de lecture des déséquilibres, dispositifs de médiation, interventions situées, repas solidaires ou espaces de travail partagé. Selon les contextes, elle peut aussi produire des publications, des formations, des restitutions publiques, des récits d’expérience ou des formes documentaires.

Le R.I.T. devient ainsi moins un modèle à appliquer qu’un mode d’activation de l’Institut. Il permet de passer d’une situation observée à une forme d’action, puis d’une action à une expérience remobilisable.

Formation au Donbat

La formation au Donbat propose un cadre collectif pour apprendre à lire une situation, identifier un déséquilibre, comprendre les contraintes qui l’entourent et imaginer une réponse adaptée.

Cette formation ne vise pas à transmettre une méthode figée. Elle cherche plutôt à activer ou à renforcer une capacité d’attention, d’analyse et d’action. Les participant·es peuvent y travailler à partir de situations réelles, d’exercices de cartographie, de simulations d’intervention, de discussions éthiques et de protocoles de transformation.

L’objectif est de rendre le Donbat partageable : non comme doctrine, mais comme pratique située, capable d’être reprise, adaptée et déplacée par d’autres.

Un bureau des déséquilibres

Dans sa forme nomade, l’Institut peut fonctionner comme un bureau temporaire des déséquilibres. Celui-ci reçoit les situations transmises et les met en travail.

Le terme de bureau ne renvoie pas ici à une administration classique, mais à une forme d’attention organisée. Il s’agit de donner un lieu, même provisoire, à ce qui reste souvent dispersé : les problèmes connus mais non traités, les conflits latents, les besoins invisibilisés, les fragilités ordinaires, les contradictions institutionnelles ou les formes de précarité qui ne trouvent pas de cadre d’action.

Le bureau des déséquilibres permet de passer d’une perception individuelle d’un problème à une élaboration collective de ses conditions de transformation.

Expérimentations possibles

L’Institut de Donbat Nomade peut accueillir différents types d’expérimentations selon les contextes rencontrés.

Des interventions en milieu scolaire peuvent être envisagées lorsque des partenariats locaux le permettent, notamment autour de l’attention aux situations de déséquilibre, de la responsabilité collective, de la coopération et de la capacité d’agir.

Le restaurant solidaire de l’Institut peut être testé sous la forme de repas hebdomadaires, si les conditions techniques, économiques et juridiques le permettent. Ces repas permettent d’expérimenter des formes d’hospitalité, de redistribution et de rencontre à partir de l’alimentation.

Des temps de travail partagé peuvent également être ouverts à des artistes, chercheur·euses, travailleur·euses culturel·les ou praticien·nes ne disposant pas de lieux de travail suffisants. Dans ce cas, l’Institut agit comme une infrastructure temporaire de soutien, de mise en commun et de coopération.

Questions d’activation

L’enjeu n’est pas de déployer un programme déjà stabilisé, mais d’éprouver les conditions mêmes de son activation.

Elle ouvre plusieurs questions pratiques, méthodologiques et éthiques : comment un institut peut-il exister sans lieu fixe ? Comment recueillir des situations sans les instrumentaliser ? Comment transformer un contexte d’accueil en espace de recherche-action ? Comment articuler pratique artistique, intervention sociale, transmission et documentation ? Comment agir sur une situation sans la simplifier ni surévaluer le geste artistique ?

Ces questions définissent la direction de travail de l’Institut de Donbat Nomade. Elles permettent d’envisager chaque résidence, collaboration ou contexte d’accueil comme un terrain d’expérimentation, mais aussi comme un test de responsabilité : ce qui peut être activé, avec qui, à quelle échelle, avec quels moyens, et selon quelles limites.

Il ne s’agit donc pas seulement de déplacer l’Institut d’un lieu à un autre, mais de comprendre ce qu’un lieu rend possible, ce qu’il empêche, ce qu’il révèle et ce qu’il oblige à reformuler.

État du projet

Projet en cours.

Axes de travail

Institution nomade
Recherche-action
Appel à situations
Bureau des déséquilibres
Formation au Donbat
Interventions situées
École temporaire
Laboratoire social
Atelier de prototypage
Restaurant solidaire
Travail partagé
Documentation située
Coopération locale
Transformation proportionnée

Mots-clés

Institut de Donbat
Donbat
Nomadisme institutionnel
Art invisuel
Recherche
Interventions
Transmission
Résidence
Situation
Déséquilibre
Coopération
Pratiques du commun
Institution expérimentale
Transformation sociale
Méthode